Pendant le confinement de 2020, mon ami Michel Vandestien, ancien décorateur de cinéma, m’appelle pour l’aider à scanner l’ensemble de ses archives papier. J’y découvre des photos d’impressionnants assemblages, des façades factices qui racontent, les plans d’un pont monumental, des images d’échafaudages qui mettent plus en valeur le moment de la construction que le simulacre cinématographique.
Nous plongeons ensemble dans ces documents pour construire Le cahier survivra, une œuvre à travers laquelle Michel convoque sa mémoire passée, la question de la vieillesse et sa maison comme dernier décor. Que garde-t-on ? Que laisse-t-on d’une vie de travailleur de l’art ? À travers le décor et la question de l’intime, ce projet s’inscrit dans la suite de questionnements déjà engagés avec Shānzhài screens (2020), à savoir la représentation des marges d’une industrie du rêve, ici celle du cinéma.
L’œuvre se décline sous la forme de compositions à quatre mains (Plateau scanner 1 à 4), de trois rideaux imprimés (La cave, La chambre, Le déménagement) ainsi que le film Dedans c'est l'intérieur. Nous avons choisi plusieurs images-clefs pour construire une narration dans l’espace, organisant le moment de bascule du récit autour d’images d’écroulement d’un décor : celles des façades factices des quais de Seine construites par Michel sur le tournage des Amants du Pont Neuf de Leos Carax suite à une tempête de vent en 1989.
Le cahier survivra
installation filmique et mix-media
2022
Production : DRAC Île-de-France, Région Grand Est, Buropolis